Origines anciennes

Mieux connaître nos ancêtres anciens grâce à l’ADN 🧬

Et si nos gènes gardaient la mémoire des hommes de Cro-Magnon, des Gaulois ou des rois francs ?

Comme pour les origines ethniques, il est possible d’en savoir plus sur nos origines anciennes grâce au test ADN « autosomal », qui analyse l’ADN que nous avons hérité de TOUS nos ancêtres. Et c’est fascinant : l’ADN nous réserve encore des découvertes sur l’histoire de France ! Dans la vidéo ci-dessous, Vincent Boqueho nous la raconte.

Avec le laboratoire FTDNA, c’est le test Family Finder qui nous permet de connaître la répartition de nos origines anciennes.

Nous sommes un mélange de peuples anciens ! 🧬

Grâce à l’ADN, on peut suivre l’arrivée des différentes populations qui ont façonné nos origines. En France, le premier projet d’étude sur ce sujet s’appelle Ancestra. Il a rendu ses conclusions en 2020, et elles sont fascinantes : nous sommes un mélange d’au moins trois populations !

  • Des chasseurs-cueilleurs, arrivés en plusieurs vagues depuis 40 000 ans. Ils vivaient de la chasse et de la cueillette.
  • Des agriculteurs venus d’Anatolie (l’actuelle Turquie), il y a environ 7 000 ans. Ce sont eux qui ont apporté l’agriculture.
  • Des nomades des grandes steppes d’Eurasie, il y a environ 4 500 ans. Ils vivaient principalement de l’élevage.

Et ce n’est pas tout : nous avons aussi hérité d’un petit cadeau des Néandertaliens, ces humains disparus il y a environ 40 000 ans : entre 1 % et 3 % de notre ADN vient d’eux !

     Pour le cas de Philippe Guillaume, le test réalisé avec le projet Genographic en 2016 lui a attribué 1.2 % de gènes néandertaliens !

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  Chasseurs-cueilleurs:

Il y a environ 40 000 ans, des humains modernes (sapiens) arrivent en Europe. La France connaît alors un climat très froid et ressemble à une vaste steppe peuplée de mammouths, de rhinocéros laineux, de rennes et de chevaux. Les grottes de Chauvet et de Lascaux témoignent de leur présence.

Ces chasseurs-cueilleurs, souvent appelés Cro-Magnon, ont laissé une trace dans notre ADN : environ 10 % du génome des Français proviendrait de ces anciennes populations.

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  Agriculteurs:

À partir d’environ 7 000 ans avant notre époque, de nouvelles populations arrivent d’Anatolie et du Proche-Orient. Elles apportent le « kit néolithique » : agriculture, domestication, villages et vie sédentaire. L’ADN ancien montre qu’elles ne se sont pas contentées de transmettre l’agriculture : elles se sont déplacées et mélangées aux populations déjà présentes.

Aujourd’hui, leur héritage représenterait environ 49 % du génome des Français.

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  Eleveurs-nomades:

Plus tard, des populations d’éleveurs nomades venues des steppes du nord de la mer Noire, notamment les Yamnayas, arrivent en Europe. Elles utilisent le cheval, des chars à roues et sont associées aux kourganes, leurs tombes. Elles se mélangent aux populations européennes et contribuent à la diffusion des langues indo-européennes, des céramiques campaniformes.

Leur héritage représente aujourd’hui environ 40 % du génome français, avec des différences selon les régions : il est notamment plus important dans le nord et l’est de la France.

 

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Qu’en est-il des Bretons ? D’après les résultats ci-dessous, les résultats chez nos testeurs ne présentent les mêmes proportions!!… Que devons-nous en penser?

Résultats: la moyenne en France (selon l’article de Science&Vie de Juillet 2021) est : 10% – 50% – 40%

Pourtant des études scientifiques indiquent une prédominance en Bretagne de l’ADN des éleveurs-nomades . Selon Aude Saint-Pierre, « les Yamnayas, pasteurs des steppes eurasiennes, sont venus par le nord de l’Europe. Les Bretons sont ceux qui présentent des « traces » Yamnayas en plus grande quantité dans leur génome ». Autrement dit, les Bretons d’aujourd’hui ont hérité plus que les autres Français de l’ADN de ces anciens éleveurs de chevaux venus des grandes plaines d’Eurasie.

Mais ce mélange des origines anciennes n’est pas le même partout en France. C’est ce que montre une étude publiée en 2020 par Aude Saint-Pierre et ses collègues de l’université de Bretagne Occidentale, à Brest. Pour cela, ils ont analysé l’ADN de 2 184 personnes et comparé les résultats avec les endroits où elles vivent. Résultat : la France se divise en six grands ensembles génétiques. Et l’une des découvertes les plus marquantes, c’est la proximité des Bretons d’aujourd’hui… avec les Britanniques !

https://www.letelegramme.fr/bretagne/les-bretons-sont-genetiquement-un-peu-differents-11-07-2021-12787971.php

 

Une particularité bretonne ?

Certaines maladies génétiques semblent se trouver de manière plus fréquente en Bretagne qu’ailleurs en France: la mucoviscidose, le glaucome exfoliatif, l’hémochromatose, la luxation de la hanche…

Pour le glaucome exfoliatif (plutôt transmis par nos ancêtres scandinaves), voir la page 16 du rapport suivant: http://www.associationfranceglaucome.fr/wp-content/uploads/2019/09/AFG-BULLETIN-DINFORMATION-MPT-AFG-0619-ETE.pdf

Il y a aussi une particularité au niveau de la tolérance au lactose, la capacité à digérer le lait. Il s’agit d’une évolution biologique influencée par la culture et donc plus fréquente chez les peuples éleveurs de bétail, habitués historiquement à consommer du lait.  On peut écouter le podcast de 3 minutes de Evelyne Heyer « La saga des humains » sur ce sujet. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-fil-sciences/pourquoi-tous-les-adultes-ne-digerent-ils-pas-le-lait-6285096

Ou encore, lire cet article:

La drôle d’histoire de notre (in)tolérance au lactose